Entrevue accordée à l’émission Le monde en transition

Entrevue accordée le 4 avril 2024. à l’émission Le monde en transition sur les ondes de CKIA FM, animé par Tommy Bureau et Annie-Claude Veilleux.

Le monde en transition est un magazine qui s’intéresse à l’ensemble des enjeux locaux, régionaux, nationaux et internationaux en lien avec la nécessaire, voire inévitable, transition écologique et sociale que devront vivre nos sociétés afin de faire face à la crise environnementale. Teinté d’une bonne dose d’humour et d’espoir, le magazine s’intéresse aux acteur·ices qui construisent, à leur échelle, cette transition dans le cadre de leurs projets personnels et professionnels.

Retranscription

Tommy Bureau : Alors on est de retour au Monde à transition. On a en ligne Vincent Chapdelaine, tel qu'annoncé avant la pause. Alors bonjour Vincent.

Vincent Chapdelaine : Bonjour.

Tommy Bureau : Juste avant de t'avoir en ligne, j'ai annoncé que tu viendrais nous parler du projet Projet collectif. Donc un projet qui vise à réunir, si on veut, toutes les forces vives du Québec qui se mobilisent pour la transition environnementale et sociale. Je le dis dans mes mots, je sais que tu vas pouvoir le dire dans les tiens dans quelques instants. Donc d'abord, merci beaucoup d'être à l'émission, c'est vraiment super apprécié pour venir nous parler de ce projet-là qu'on espère qui va atteindre ses objectifs dans les prochaines années, parce qu'on a bel et bien besoin de se réunir, tout le monde qui travaillons pour la transition partout au Québec.

Vincent Chapdelaine : Oui, avec plaisir. Merci de l'invitation.

Tommy Bureau : Donc je pense que ça vaut vraiment la peine de commencer, de briser la glace en présentant d'abord qui tu es et aussi, qu'est-ce que le Projet collectif à la base.

Vincent Chapdelaine : Parfait. Je vais essayer d’être synthétique, mais effectivement, c'est une grande d'ambition que l'on porte. Je vais commencer par me présenter, Vincent Chapdelaine. Je suis à la codirection de l'organisme.

Avant tout, Projet collectif, c'est un OBNL qui a été fondé en 2021 suite à une large mobilisation d'acteurs à travers le Québec issu de plusieurs milieux, milieu de la transition socioécologique bien sûr, mais aussi de milieu communautaire, du milieu des arts et la culture. Le monde municipal aussi a été très impliqué dès le début dans dans Projet collectif.

Essentiellement la mission, le grand projet de l'organisation, c'est de connecter les personnes et les savoirs pour une société plus collaborative et ouverte. Essentiellement, ce qu'on fait comme constat, c'est qu'il y a au Québec une véritable effervescence d'initiatives terrain dans tous les secteurs. Énormément de gens travaillent à créer une société plus équitable et écologique et souvent, il y a des effets de silo qui se produisent où les initiatives travaillent dans leur coin, les gens sont sont dans leurs organisations, dans leurs réseaux sectoriels. Il y a beaucoup d'opportunités, selon nous, de de développer davantage de cohérence et de d'espaces de collaboration entre les gens pour aspirer à une société meilleure tous ensemble.

Pour nous, ça passe entre autres par la circulation des savoirs. On travaille beaucoup sur la question des savoirs ouverts. On pense qu'il y a beaucoup de savoirs qui sont produits dans la société qui sont faits de manière fermée, en silo et on essaie de créer des programmes, des outils pour faciliter la documentation ouverte des savoirs et la circulation des savoirs. Puis l'autre, l'autre côté de la médaille, c'est la collaboration ouverte. Donc on crée aussi des occasions de de rencontre entre les acteurs qui partagent une même problématique ou qui veulent travailler sur des enjeux similaires à travers différents projets. L'objectif c'est de créer des ponts entre les secteurs, entre les territoires, entre les initiatives. Donc vaste projet qui risque au moins de prendre quelques décennies avant de d'arriver au bout. Je pense pas qu'on va y arriver.

Tommy Bureau : Pour les personnes qui connaissent un tout petit peu cet univers-là, moi, je serais curieux de savoir comment vous décrivez ce qui vous distingue d'autres groupements, par exemple, comme le Front commun pour la transition énergétique, le Regroupement intersyndical pour le climat, Ensemble pour la suite du monde aussi, qui est un grand regroupement de plusieurs organisations. Je fais un petit bémol juste avant de te laisser répondre à la question. Il y a Annie-Claude aussi qui est avec moi, j'ai oublié de te le dire tout à l'heure au téléphone.

Annie-Claude Veilleux : Allô.

Tommy Bureau : Donc si t'entends une voix féminine qui pose des questions à un moment donné comme ça au travers de la discussion, ne sois pas surpris.

Vincent Chapdelaine : Oui, parfait. Enchanté. Puis pour répondre à la question, on n'est pas un regroupement qui vise à représenter un secteur ou un écosystème. On est vraiment un organisme qui est de de soutien. On est un un acteur qui vient soutenir différents projets, différents réseaux comme le Front commun et plusieurs autres, et ça, de manière très ciblée sur la question de la collaboration ouverte et des savoirs ouverts. On est assez spécialisé sur les champs qui nous occupent. Puis ensuite, pour ce qui est du reste, on est très transversal, donc on va travailler avec les acteurs de la transition socioécologique, mais aussi avec les acteurs dans le monde des arts et la culture, dans le monde de l'éducation, dans différents secteurs à travers la société qui partagent souvent des problématiques communes, notamment par rapport à la question de la collaboration et de la mise en commun des savoirs.

Annie-Claude Veilleux : Quand quand vous parlez justement de savoirs là, moi spontanément, ce que ça m'évoque, quand on me parle de savoirs, je pense aux savoirs académiques, à ce qui est produit dans les universités. Est-ce que votre définition, quand vous parlez de connecter les savoirs, est-ce que vous voyez simplement justement ce qui ce qui sort maintenant des facultés en environnement des universités ou vous imaginez d'autres types de savoirs ?

Vincent Chapdelaine : Ttrès bonne question. Le champ de la mobilisation des savoirs, du transfert des savoirs, c'est vrai qu'il est il est un peu né dans le monde académique. On on voit le monde académique évidemment comme une partie importante de la société, mais on sent qu'il y a un besoin de valoriser et de prendre soin de d'autres types de savoirs. Notamment, les savoirs pratiques, expérientiels, la transmission orale des savoirs traditionnels, historiques, les savoirs tacites qui sont pas nécessairement documentés. C'est pour ça qu'on veut aussi connecter les humains entre eux. Les humains sont d'incroyables véhicules pour des savoirs. C'est pour ça aussi que la collaboration et les savoirs pour nous sont sont très proches. On va travailler avec les universités, mais nos publics finaux, ce sont vraiment les acteurs terrain. Notre travail vise à à soutenir l'accès à des savoirs qui vont être utiles dans leur travail au quotidien.

Tommy Bureau : Quand on parle du terrain, un élément que je trouve intéressant peut-être de développer, c'est bon quand on parle à des gens en général de la transition environnementale et sociale, on parle bon, évidemment, de la carboneutralité, on parle de tous les changements qui sont nécessaires pour réduire notre empreinte en tant que que société et même que civilisation. Les gens ont souvent deux choses en tête, l'action individuelle, donc les gestes qui portent, qui posent au quotidien pour réduire leur propre empreinte, puis l'action de nos gouvernements. C'est vraiment les deux choses qui nous viennent en tête souvent. Toutes les grandes politiques, les grandes décisions qui sont prises à l'échelle gouvernementale pour amener la société à à réduire son empreinte puis éventuellement devenir durable. Quand vous parlez du terrain, vous parlez de quoi exactement, parce que moi, l'impression que j'ai, c'est que vous travaillez avec tous ces autres acteurs qu'on connait peut-être moins, qui travaillent aussi à l'échelle peut-être entre les deux, j'ai l'impression, tu sais, à faire des changements dans leurs institutions, dans leurs champ d'action, d'activité plutôt.

Vincent Chapdelaine : C'est vrai qu'on est souvent dans la sphère intermédiaire. On travaille avec les organismes, les réseaux, les mouvements sociaux, les institutions. En même temps, notre mission ne se limite pas à ça. On veut aussi travailler avec les les appareils gouvernementaux, les ministères et les collectivités territoriales. Parce qu'évidemment, je pense que la transition sociale et environnementale, c'est l'affaire de tous, pas uniquement des élus ou du gouvernement. C'est pas non plus une responsabilité qui est complètement individuelle. Donc c'est pour ça que, à travers notre travail, on veut faciliter l'accès à des savoirs qui vont pouvoir être mis en action par chacun, chacune d'entre nous sur le plan individuel, mais aussi faciliter la mise en place de collectifs, puis la transformation des organisations elles-mêmes, peu importe leur taille, que ce soit un petit collectif dans un quartier ou l'UQAM, une grande institution. On pense que on peut travailler aussi à briser ces les silos qui viennent de ces différentes échelles.

Annie-Claude Veilleux : Puis là, depuis tout à l'heure, on parle beaucoup de la mission, de la philosophie de votre organisation. Mais mettons là, dans le concret là, maintenant, dans les projets qui vous occupent en ce moment là ou qui vous ont occupés jusqu'ici, qu'est-ce qu'on peut nommer, les gens qui voudraient s'informer justement de vos activités, s'ils se disent, s'ils font partie d'une organisation, puis ils se demandent comment est-ce qu'ils pourraient... j'ai juste en tête "bénéficier de vos services", mais s'impliquer, s'engager et c'est-à-dire se connecter à des savoirs.

Vincent Chapdelaine : Une des choses qu'on a constatées, c'est qu’avec la grandeur du territoire, le numérique est un moyen important. On a, on a créé des plateformes numériques éthiques ouvertes en logiciel libre pour soutenir la collaboration et la mise en commun des savoirs. Donc ce sont les plateformes En commun que les gens peuvent découvrir sur encommun.io. Pour l'instant, on a deux plateformes.

Passerelles qui est pour connecter les gens. Donc c'est organiser en communauté, n'importe qui peut créer des communautés. Donc ça peut être pour votre pour un projet ou pour une communauté de pratique professionnelle ou une communauté, un mouvement social, peu importe. Donc ça peut être un endroit à l'abri des GAFAM pour collaborer, faire de la veille collaborative, s'organiser entre entre nous.

Puis il y a la plateforme Praxis, qui est vraiment un genre de Wikipédia québécois d'accès aux savoirs pratiques. C'est une plateforme collaborative qui vise à rassembler les connaissances puis tout le monde peut y contribuer et consulter ce contenu. Ça, c'est le volet numérique.

Projet collectif comme organisme, on on a une démocratie très ouverte et participative. Il y a on a déjà à peu près 400 membres. Vos auditeurs, auditrices, peuvent s'informer sur notre site web puis devenir membres si la mission les interpelle. C'est gratuit, il y a plein de comités, plein de d'occasions de participer à la vie associative de l'organisation.

On fait aussi de l'accompagnement de démarches, que ce soit des des démarches territoriales, des projets d'envergure. Les gens peuvent nous contacter, puis on pourra regarder comment on peut les aider à s'assurer d'une bonne documentation des savoirs ou la création d'espaces de collaboration pour des projets plus ciblés.

Tommy Bureau : J'ai une autre question par rapport au défi que ça peut représenter en fait, de réunir autant des citoyens, des citoyennes, des élus, des organisations qui travaillent à divers niveaux. On le sait que, bon, on est on est nombreux, nombreuses à à se mobiliser pour la transition, mais en même temps, souvent, autant en tant que citoyens, citoyennes que en travaillant dans les organisations, on a aussi des points de vue, des angles qui sont choisis, des axes qui sont prioritaires. Bon, juste pour donner un exemple concret là, par exemple, moi, je travaille dans le milieu syndical. Bon, la transition est prise sous l'angle aussi de la défense des droits des travailleuses et travailleurs. Je m'implique avec des gens qui militent pour la décroissance. Alors qu'il y a des personnes qui sont beaucoup plus dans la croissance verte. Tu sais, il y a tellement de points de vue et de façons d'aborder cette question-là, qui sont différentes d'un individu à l'autre, puis d'une organisation à l'autre. Quels moyens vous vous donnez pour être capable de fédérer toutes ces organisations-là qui ont des intérêts communs, mais aussi des intérêts qui parfois peuvent être divergents ?

Annie-Claude Veilleux : Parce que les briser les silos, ça implique ça aussi, ça implique que toutes ces personnes-là, parce que vous parlez de vos communautés, je me disais tout de suite, mais mais quand ces gens-là se rencontrent, puis se parlent, c'est qui le modérateur dans la salle?

Vincent Chapdelaine : On n'a pas la prétention d'avoir trouvé la solution à ça. La façon qu'on travaille, puis notre posture, c'est de célébrer la pluralité des perspectives sur certaines certains enjeux, puis c'est c'est une richesse là, qu'il y a des gens qui travaillent sur ces questions-là avec différents angles, différentes postures.

Les projets qu'on qu'on développe, que ce soit les outils numériques que j'ai parlé ou on a un autre projet là qui s'en vient qu'on appelle Milieu ouvert sur la transition socioécologique, puis c'est justement un espace de maillages entre différents types d'acteurs. Ça vise à créer des espaces qui sont parfois très ciblés autour de problématiques spécifiques, mettons, la question du transport ou du vieillissement de la population dans un contexte rural.

On pourrait réunir différents profils d'acteurs autour d'une question, créer des espaces où les gens vont se connaître, puis partager autour d'une question plus spécifique, différentes perspectives. Mais ensuite, comme tous ces acteurs-là, toutes ces communautés-là, sont membres d'un projet plus large comme celui que je viens de nommer, mais il y a, on peut aussi créer des espaces d'intersection entre les différentes communautés.

On le voit très naturellement se faire à travers nos plateformes numériques où il y a des gens plus d'une approche développement durable, mais aussi des groupes écologistes plus militants. Il y a pas énormément de discussions entre eux, mais il y a des points d'intersection qui peuvent arriver des fois autour de certaines questions. C'est peut-être suffisant aussi. Comme société, on ne veut pas non plus que tout le monde ait une pensée unique, mais on veut, par contre, que les différents acteurs puissent se rejoindre sur des questions où ils peuvent travailler ensemble.

Tommy Bureau : Je t'amènerais maintenant sur la question du de l'étude que vous êtes en train de faire, parce que moi, c'est comme ça que j'ai, je vous ai connus, en fait, dans mon milieu professionnel là, on a un partenaire, une partenaire qui nous a contactés en disant : « Vous devriez participer, il y a un grand sondage qui est fait par Projet collectif pour essayer entre autres de cartographier justement toutes les organisations qui travaillent pour la transition au Québec. »

Je trouvais que c'était un projet super intéressant parce que un des défis là, puis bon, vous l'avez dit, il y a beaucoup de gens déjà qui se connectent à vous de diverses façons, mais quand même, il y a sûrement encore beaucoup de gens qui sont pas connectés ni à Projet collectif, ni entre elles, qui travaillent un peu en silo de leur côté. Donc c'est un des grands défis, j'ai l'impression, que vous essayez de relever là, de de de connecter tout ce beau monde-là, puis de créer une espèce de cartographie de qui fait quoi, où est-ce qu'on en est en ce moment pour pouvoir avoir un bon portrait de la situation de laquelle on part pour pour créer tous ces liens-là qui restent à créer. Bref, je trouve ça super intéressant, puis j'étais curieux d'en savoir plus sur quel est ce projet, puis où est-ce que ça s'en va, où est-ce que vous en êtes ?

Vincent Chapdelaine : C'est super fascinant. Le projet est en cours, on n'a pas encore finalisé l'analyse de tous les tous les résultats, de toutes les consultations qui ont eu lieu. C'est un projet de recherche qui est fait en partenariat avec l'Université du Québec en Outaouais et le Regroupement québécois des groupes écologistes.

L'idée, c'était de un peu se créer une vue d'ensemble, une cartographie, mais pas au sens où on on met des petits drapeaux sur une carte géographique, mais plus au sens conceptuel, pour comprendre qui sont les grands acteurs, quelles sont leurs leurs intentions, leurs freins, c'est quoi aussi le paysage politique à l'intérieur de l'écosystème qui peut créer des points de convergence, mais aussi des points d'accrochage.

On est conscient que c'est très complexe, on ne pourra pas arriver avec comme un portrait exact, d'autant plus que c'est évolutif, puis il y a une grande effervescence en ce moment dans dans le monde de la transition au Québec. Justement, on veut mieux comprendre cette effervescence-là et arriver à à l'exprimer d'une façon ouverte pour que ça puisse outiller les acteurs pour mieux comprendre où ils se situent par rapport à l'ensemble de ce qui se passe en ce moment au Québec.

Annie-Claude Veilleux : Mais je trouve ça super intéressant comment tu l'expliques, parce que j'avoue qu'au début, j'étais comme « une carte conceptuelle, OK », mais effectivement j'ai l'impression que même, je, pour les non-initiés, absolument, mais même pour les initiés qui s'intéressent un tant soit peu à la chose politique ou à la chose environnementale, il y a quand même un peu ce préjugé-là que n'importe qui qui s'engage pour l'environnement, la résilience climatique, et cetera, il y a comme cette espèce d'idée-là que c'est un espèce de monolithe idéologique, puis que dès que tu es pour la cause environnementale, il pourrait pas y avoir de tendance à l'intérieur du groupe, puis de groupes qui pourraient s'opposer, puis comme le disait Tommy qui pourrait avoir des revendications qui peuvent partir de certains angles différents.

En ce sens-là, je trouve ça vraiment intéressant comme projet effectivement, pour se mettre à considérer finalement il y a une variété d'acteurs, puis que, comme n'importe quelle lutte, j'allais dire la gauche naturellement tend à se diviser, mais de ce temps-ci, la droite le fait aussi, de voir aussi cette variété, des tendances, des acteurs pour, comme tu le dis, pour arriver à se coaliser sur ce hyper pertinent comme cartographie au final là.

Vincent Chapdelaine : Vraiment, puis ce qui est d'autant plus fascinant là-dedans, c'est que le monde de la transition, ce n’est pas un secteur d'activité, ce n'est pas structuré comme d'autres réseaux au Québec. Il y a des acteurs qui sont spécialisés sur la question, alors que la plupart des acteurs, ce sont en réalité des institutions ou des syndicats, des municipalités, des réseaux aussi qui ont rien à voir, comme le monde de la culture, le monde de l'éducation, qui se tournent peu à peu vers la conclusion qu'il faut prioriser dans leurs propres objectifs stratégiques une approche de transition socioécologique.

En parallèle de tout ça, il y a aussi une réappropriation du concept même, du terme, qui des fois est dénaturé de son sens. Ceux qui parlent de transition énergétique, évidemment, c'est pas la même chose que de transition écologique, c'est pas la même chose que de transition sociale et écologique ou écosociale. Donc il y a tout ça aussi qui rend ça extrêmement complexe, mais aussi fascinant, puis je pense utile pour les acteurs qui travaillent tous les jours d'aussi avoir des clés pour mieux comprendre tout ça.

Tommy Bureau : On avait prévu une vingtaine de minutes pour l'entrevue, c'est déjà écoulé, mais j'aurais une dernière question. Est-ce que tu dois nous quitter ou tu as encore peut-être 3 minutes ?

Vincent Chapdelaine : Oui, oui.

Tommy Bureau : Parfait. Merci, parce que, à me tenir à cette question-là, ce que je trouve difficile quand on parle de transition, c'est difficile d'éviter la discussion sur les obstacles et même, j'irais jusqu'à dire, les antagonistes. Ces organisations, ces élus, ces individus qui non seulement ne s'impliquent pas pour la transition, mais qui résistent, qui souhaitent maintenir le statu quo ou même, à certains égards, nous faire reculer.

Puis je suis convaincu que dans Projet collectif, il y a certains groupes de pression, certains citoyens plus radicaux qui s'impliquent qui ont envie de mener cette lutte-là, alors que la façon dont on en parle depuis le début, c'est vraiment des initiatives très positives, d'imaginer la transition ensemble, de trouver des solutions ensemble. Est-ce que Projet collectif est une organisation qui le fait déjà ou qui vise éventuellement à cibler des gestes ou des organisations ou des individus ou des élus qui, malheureusement, non seulement nous font parfois stagner, mais souhaitent nous faire même reculer ?

Annie-Claude Veilleux : Allez-vous fight back?

Tommy Bureau : Ou c'est une initiative seulement 100 % positive de proposition ?

Vincent Chapdelaine : C'est une bonne façon de de cadrer la question. Je dirais que nous, on ne fait pas de la lutte politique frontale. On va s'impliquer dans des mouvements qui émergent dans le monde de la transition, il y a des mouvements qui émergent, dans lesquels on est partie prenante. On pourrait voir comme une technique de cheval de Troie à travers notre mission qui n’est pas uniquement la lutte pour la transition socioécologique.

Notre mission, c'est de soutenir l'ensemble de la société dans l'adoption de pratiques de collaboration ouverte et de documentation ouverte des savoirs, ce qui nous permet de travailler quand même avec une très grande pluralité d'acteurs à travers leurs besoins en termes de collaboration et de mobilisation des savoirs, puis peu à peu, les amener dans notre univers, les amener à converger vers peut-être d'autres points de vue, d'autres perspectives. Donc c'est un peu une vision à long terme de changement social, de bâtir des infrastructures collectives qui vont bénéficier à l'ensemble de la société, mais qui vont être faites dans une perspective de transformation sociale et écologique du Québec.

Annie-Claude Veilleux : J'imagine quand même que dans votre cartographie, si on cherche quelqu'un qui fait de la lutte politique frontale, on va le trouver.

Vincent Chapdelaine : Oui, bien oui. Il faudra attendre les résultats. Il y a beaucoup de ce qu'on fait qui est de rendre visible ce qui est souvent invisibilisé dans la société. On voit un peu notre travail comme de mettre en valeur, oui, les initiatives positives qu'on voit, mais ça peut être aussi de voir tout le reste qui est autour.

Tommy Bureau : Ben merci. Je suppose, ça va dans le sens de notre philosophie. C'est pas parce qu'on pose cette question-là que nous-mêmes, on est vraiment dans cette dynamique très confrontationnelle. On est souvent aussi nous-mêmes dans la présentation de projets qu'on trouve positifs qui, on va être au festival de la décroissance bientôt, on lance avec l'Engrenage d'ailleurs dans 2 semaines, il faudra en parler tantôt, une bière qui s'appelle La résiliente. Donc on est beaucoup nous-mêmes dans cette dynamique-là de de créer l'alternative, de faire la transition nous-mêmes à notre échelle. Fait que c'est vraiment un projet avec lequel on a beaucoup d'affinités.

Alors merci beaucoup, Vincent, d'avoir été présent. J'ai l'impression qu'on va se reparler. C'est vraiment un projet dans lequel je trouve qu'on peut nous-mêmes peut-être s'insérer, puis jouer un rôle avec avec cette émission à CKIA FM.

Vincent Chapdelaine :Avec grand plaisir. Merci beaucoup pour l'invitation.

Tommy Bureau : Ça fait vraiment plaisir. Bonne fin de journée à toi.

Vincent Chapdelaine : Salut.

Tommy Bureau : Vous aussi, au revoir.

Vincent Chapdelaine : Merci.

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