La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique
Article publié dans Forum, le journal de l’Université de Montréal, le 9 février 2009.
Depuis son invention il y a près de 2000 ans, le papier est demeuré le support d'information par excellence: portable, souple et ne fatiguant pas les yeux lors de la lecture. D'ici quelques années, nous pourrons voir l'arrivée massive d'une nouvelle technologie possédant également toutes ces propriétés.
Le papier électronique ou «papiel» sera un écran souple et mince, reflétant la lumière comme le papier (et non comme un écran typique qui émet de la lumière) et pouvant être constamment relié au réseau Internet. Vous pourrez lire votre journal sur cette simple feuille, y écouter des films et de la musique, ou encore accéder à vos documents personnels.
L'année 2008 fut celle du livre électronique, le «livrel». Moins compact que le papiel, le livrel est néanmoins portable et intègre aussi la technologie de l'encre électronique, qui permet une lecture aussi confortable pour les yeux que sur du papier. Depuis le succès populaire du Kindle, lancé par le marchand en ligne Amazon – présentement en rupture de stock –, les éditeurs se doivent de constater qu'il est de plus en plus possible de se passer de l'imprimé. Comme l'écrit Jean-Sébastien Trudel dans La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique : «Le papiel était la pièce manquante à la chaine numérique. Grâce à lui, tout le cycle de vie de l'information est numérique, de la prise de données à la lecture.»
Les transformations en cours dans les secteurs de l'imprimé ne se limitent pas à l'arrivée prochaine d'un nouveau support qui révolutionnera le papier. Les lecteurs, et une bonne partie des revenus publicitaires, se sont déjà massivement tournés vers le Web. La presse quotidienne de même que les éditeurs d'encyclopédies et de guides pratiques souffrent déjà considérablement de cette révolution numérique. À la recherche d'un nouveau modèle d'affaires, les éditeurs sont confrontés à la difficulté de rentabiliser leurs opérations sur le Web, où règne pourtant une culture de la gratuité.
Plusieurs chercheurs de l'Université de Montréal ont collaboré à cet ouvrage collectif. Éric Leroux, professeur spécialisé en histoire du livre à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, y publie un article sur l'histoire de l'enseignement des métiers de l'imprimé à Montréal. Pour sa part, le professeur Claude Martin, du Département de communication, cosigne avec deux de ses étudiants un article sur la presse produite par les acteurs sociaux.
Éric Le Ray, chercheur associé au Département de communication de l'UQAM, et Jean-Paul Lafrance, ancien titulaire de la Chaire UNESCO-Bell en communication et développement international, ont su recueillir dans cet ouvrage des réflexions variées autour des divers enjeux qui touchent les secteurs de l'imprimé. Une trentaine d'auteurs, venant autant du monde professionnel que du monde universitaire, participent à ce débat essentiel.
Sous la direction d'Éric Le Ray et de Jean-Paul Lafrance, La bataille de l'imprimé à l'ère du papier électronique, Les Presses de l'Université de Montréal, 2008, 264 p., 29,95 $.