Idée de projet 995: Bibliothèques modulaires intelligentes

Parmi les choses améliorables de ce monde, on peut sans doute compter le mobilier de bibliothèque. Le mobilier d’un lieu détermine pour beaucoup l’ambiance qui s’y trouve: c’est donc un aspect fondamental à ne pas négliger. Si on souhaite que les usagers de bibliothèques se sentent bien, il faut leur créer un contexte agréable et chaleureux, et éviter les meubles austères et intimidants. Les étagères métalliques peuvent sans doute se distinguer par leur bas prix et leur durabilité, mais avouons qu’elles évoquent davantage l’entrepôt que le «salon urbain».

À Montréal, les tables de travail ergonomiques en bois de la Grande bibliothèque, conçues par Michel Dallaire, ont de quoi séduire. Hélas, les bibliothèques noires et imposantes qui meublent les étages contrastent, par leur lourdeur, avec l’ambiance chaleureuse du mobilier en bois clair et des superbes chambres de bois qui composent l’architecture de la bibliothèque.

J’ai eu l’occasion de repenser à tout cela l’automne dernier, lors d’une séance de design participatif à laquelle j’avais été invité, pour un projet de nouvelle bibliothèque dans un arrondissement montréalais. La question du mobilier a été abordée, en particulier sous l’angle de la nécessaire flexibilité de l’aménagement intérieur. Mais aussi, avec la croissance des habitudes de lecture de livres numériques, on peut prévoir une diminution progressive des livres physiques, et donc du rayonnage. Comment les bibliothèques s’adapteront-elles à cette évolution, dont l’importance et la rapidité sont imprévisibles?

Sans doute inspiré par The Uni, j’ai proposé que l’on développe un concept de tablettes emboîtables. En décomposant ainsi le mobilier, on se donne un degré de liberté supplémentaire: la hauteur des bibliothèques peut diminuer ou augmenter dans le temps… et dans l’espace, permettant un aménagement à la fois flexible et dynamique.

Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé le concept de bibliothèque modulaire: il en existe déjà de toutes les sortes, par exemple celle-ci que je trouve très bien. L’idée est d’adapter et déployer ce modèle en bibliothèque, et d’en profiter pour créer des meubles plus fonctionnels et esthétiques.

Dans le contexte d’une bibliothèque, on pourrait doter chaque tablette d’une puce RFID à laquelle on assignerait un numéro correspondant à sa position dans la séquence. Ainsi, chaque tablette connaîtrait celle qui la précède et celle qui la suit, ce qui permettrait de les agencer rapidement dans le bon ordre. Ceux qui font de la mise en page verront un parallèle avec les boîtes de textes liées entre elles qui permettent au contenu de circuler de manière fluide.

Enfin, dans les bibliothèques où les livres sont dotés de puces RFID, on pourrait imaginer que les tablettes disposent de capteurs leur permettant essentiellement de connaître leur contenu. Sur un petit écran disposé sur le côté, on pourrait afficher automatiquement l’intervalle des cotes Dewey correspondant aux livres présents sur la tablette. Ayant cela en place, on pourrait même se passer complètement de l’étiquetage sur la reliure des livres, réglant de ce fait même une autre abomination esthétique!

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